Le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis représente un moment charnière pour le Québec et la dynamique canadienne. Dans un contexte marqué par la démission de Justin Trudeau, ce bouleversement géopolitique met en lumière la nécessité d’évaluer les alliances entre les provinces canadiennes et le niveau de collaboration avec un gouvernement fédéral affaibli au plan du leadership. Alors que les États-Unis se préparent à réintroduire une approche politique forte orientée vers le changement, les provinces, dont le Québec, s'organisent pour défendre leurs intérêts de manière autonome.
La démission de Justin Trudeau rend une réponse unifiée à ce retour de Trump presque impossible. Le Parti libéral du Canada, en quête d’un nouveau chef, ne dispose pas actuellement de la crédibilité nécessaire pour rassembler les provinces et coordonner une stratégie nationale. Cependant, cette situation ouvre une fenêtre d’opportunité pour les premiers ministres provinciaux, qui prennent désormais des initiatives sur la scène internationale.
Le Québec, sous la direction de François Legault, s’est montré particulièrement proactif. Le 15 janvier, Legault a publié un texte d’opinion aux États-Unis en faveur d’un véritable libre-échange et mettant en garde contre une hausse marquée des tarifs. Cette intervention reflète l’urgence pour le Québec de protéger ses exportations et de maintenir des relations commerciales solides avec son principal partenaire économique. Elle illustre aussi la capacité des provinces à contourner le gouvernement fédéral pour faire entendre leur voix à l’étranger.
Le Québec n’est pas la seule province à adopter cette approche. En Ontario, le premier ministre Doug Ford a multiplié les propositions pour sécuriser les échanges commerciaux avec les États-Unis. Pendant ce temps, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, s’est même rendue en Floride pour rencontrer Donald Trump, témoignant de l’intérêt de la province à établir des liens diplomatiques directs avec la nouvelle administration américaine. Ces exemples démontrent que les provinces n’attendent plus après Ottawa pour agir, prenant les devants dans un contexte de réorganisation stratégique.
Ce réalignement provincial soulève toutefois des défis. Si les provinces s’habituent à mener leur propre jeu diplomatique, le gouvernement fédéral, quel qu’il soit, pourrait avoir du mal à rétablir son autorité sur la scène internationale. Ce phénomène risque de poser un défi majeur pour un éventuel gouvernement conservateur. Bien que les conservateurs aient souvent prôné une décentralisation accrue, ils pourraient se heurter à des provinces devenues trop indépendantes pour être facilement alignées sur une politique nationale cohérente, y compris face aux États-Unis.
Le retour de Donald Trump exacerbe les divisions et complexifie la gestion des relations internationales du Canada. Cette nouvelle réalité impose une réorganisation des rôles entre les provinces et le fédéral, tout en plaçant l’adaptation aux politiques américaines au cœur des priorités politiques et économiques pour l’année à venir.
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